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Dongtan, la ville durable vitrine de la Chine


Eco quartiers, éco village, bâtiments HQE, cités durables… Un peu partout, en France et dans le monde, le développement durable s’invite, depuis plusieurs années, dans notre environnement immédiat. De nombreux projets d’urbanisation se montent avec ce souci d’être le plus vert possible. Masdar est le quartier écologique de l’Emirat d’Abou Dhabi, qui sortira de terre en 2015… En Allemagne, c’est le quartier Vauban qui a pris son envol très tôt, en 1996 à Fribourg en Brisgau, et en Grande Bretagne, Bedzed, au sud de Londres, est le quartier « zéro énergie fossile » qui a accueilli ses premiers habitants dès 2002.

A ces quartiers « porte drapeaux » du développement durable, il va falloir ajouter la ville de Dongtan, en Chine. Pour l’instant simple petit port de pêche bordé de marécage, Dongtan est située sur l’ile de Chongming, au Nord de Shanghai. Sur ce petit bout de terre, devrait s’élever une cité vitrine pour la Chine, premier pollueur de la planète, qui compte 20 des 30 villes les plus polluantes du monde. En pleine révolution industrielle, économique et sociale, les chinois font le constat que ce développement ne peut être viable que s’il s’inscrit dans une démarche écologique. Sur le modèle de la britannique Bedzed, Dongtan sera donc 100% écologique. Son énergie proviendra de l’éolien et du solaire. Les bâtiments, aux toitures végétalisées, disposeront de petites éoliennes à leur sommet et seront parés de panneaux photovoltaïques afin d’être autonomes en électricité. Les immeubles ne pourront pas dépasser les 8 étages et seront largement entourés d’espaces verts et de zones piétonnières. Les transports en commun fonctionneront à l’énergie solaire, ou utiliseront des piles à combustibles.

Toute la ville sera construite avec des matériaux extraits ou produits localement afin de réduire l’impact environnemental. Dans le même esprit, des zones de productions d’aliments biologiques se trouveront en bordure de la ville afin de faire appel au minimum aux importations.

Ce tableau idyllique ne masque pas certaines contradictions. Le choix du site de construction fait débat. Dongtan sera situé sur une zone de marais, où existe une réserve ornithologique et où l’équilibre écologique de la faune et de la flore est déjà très précaire. Il s’agit d’une île, d’où des difficultés supplémentaires pour acheminer les matières premières nécessaires au chantier. Autre question : l’option de créer une ville de toute pièce a un coté artificiel et est financièrement contestables pour certains observateurs qui se demandent si les fonds utilisés pour cette éco-cité, 1,3 milliards de dollars, n’auraient pas pu être investit pour aider d’autres communes ou mégalopoles à se convertir à l’écologie.

L’activité industrielle, nœud du problème chinois, ne sera que très peu présente sur l’ile. L’effet sur la pollution, sur ce critère là, ne parait donc pas évident. Autre critique faites à Dongtan : le volet social. Qui dit éco-cité, ville durable, dit aussi préserver un équilibre social. Une mixité nécessaire au développement. Or, aucun plafond de loyer n’ayant été fixé, les futurs résidents de la cité verte risquent fort de se trouver uniquement dans les classes aisées de la population chinoise.

A l’heure où Pékin est scrutée par les grandes puissances qui observent les efforts que le pays entreprend pour réduire son empreinte écologique, le projet Dongtan ressemble un peu à une vitrine qui tente de faire oublier les difficultés à faire entrer la Chine dans un développement maitrisé. Certes, cela servira de laboratoire géant pour les métropoles désireuses de se parer de vert. Mais dans un pays où l’on compte, selon la Banque Mondiale, 750.000 morts prématurés par an du fait de la pollution atmosphérique, peut-être aurait-il mieux valu aider des initiatives locales plutôt que de concentrer toute l’énergie sur une grosse infrastructure, certes intéressante, mais qui parait un peu vaine.

L’éco-cité Dongtan devait accueillir ses 10.000 premiers habitants cette année, l’objectif étant d’atteindre les 500.000 habitants en 2040. Mais le projet a bien du mal à avancer… Les retards accumulés ne permettront pas à la Chine de présenter sa ville verte lors de l’Exposition Universelle de Shanghai qui aura lieu du 1er mai au 31 octobre 2010. Reste une expérience « carte postale » à observer avec attention sans pour autant oublier l’autre façade chinoise, moins écolo, et qui doit malgré tout progressivement se tourner vers un développement plus vert. Un laboratoire écologique en Chine Dongtan, la première « Ecopolis » du monde L’Exposition Universelle Shanghai 201. ABU DHABI : Du pétrole à la ville verte... FRIBOURG EN BRISGAU : Le quartier Vauban, un modèle d’éco-quartier

philippe, pour la Rédaction de Fréquence Terre

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