Lille : Conseil d’administration décentralisé du 8 décembre 2017

Lille : Conseil d’administration décentralisé du 8 décembre 2017

Compte-rendu de la visite du 8 décembre 2017 à Lille

Le conseil d’administration de l’ACAD décentralisé à Lille le 8 décembre 2017 a été l’occasion de visiter deux projets urbanistiques d’envergure dans la capitale des Hauts-de-France.

Organisée par les Acadiennes de l’agence ADENDA (Léa Busselez, Delphine Fardoux et Laura Jeh), la visite s’est déroulée en deux parties : le matin, sur le site du projet Fives Cail, l’après-midi sur celui des Rives de la Haute-Deûle.

Le projet Fives Cail

Situé à cheval sur les communes de Lille et Hellemes, ville limitrophe qui lui est associée, il s’agit d’un projet urbain à construire sur une friche industrielle de 17 ha constituée de halles monumentales de briques et d’acier qui appartenaient à l’usine Fives Cail Babcock de 1861 à 2001.

 

Cette usine, qui a employé jusqu’à 7 000 personnes, fait partie de l’histoire industrielle de la France. C’est elle qui, notamment, a construit la partie métallique du pont Alexandre III à Paris, les rames du métro parisien, les premières locomotives ayant circulé en Amérique du Sud ou, encore, les tunneliers utilisés pour percer le tunnel sous la Manche. C’est aussi là que Pierre Degeyter, le compositeur de L’Internationale, a travaillé comme ouvrier câbleur.

 

Acquis par la Métropole européenne de Lille (MEL) en 2007, le site fait l’objet d’un projet de reconversion à deux conditions : ne pas démolir les halles et concevoir une « usine de l’eau ». En outre, il est demandé de créer des connexions avec le quartier et de le désenclaver. Autre objectif : faire de Fives Cail un élément de l’attractivité métropolitaine.

 

Confiée à SORELI, la SEM qui se définit comme le « principal acteur de la production urbaine de la métropole lilloise », la mise en œuvre du projet comprend deux phases opérationnelles. Précédée en 2012 par la livraison de la bourse du travail dans l’immeuble préalablement siège de la direction de l’usine, la première s’échelonne entre 2013 et 2020. Au programme : désamiantage du site et ouverture sur le quartier (2015), emménagement du lycée hôtelier international et organisation des premiers ateliers de riverains (2016), livraison des premiers espaces publics (2017), livraison des premiers logements (2018), ouverture de la première halle gourmande (cuisine commune, locaux de production alimentaire artisanale, ferme urbaine) (2019), fin de la livraison des 400 logements prévue dans cette phase (2020). Enfin, dans le cadre de « l’usine de l’eau », une cuve de récupération des eaux pluviales de 1 800 m³ est construite afin d’alimenter les espaces verts du site.

 

La seconde phase, prévue jusqu’en 2023, conclura la réalisation du projet qui pourra, à terme, se caractériser de la manière suivante : 13 ha d’espaces publics, 7 ha d’espaces verts, 3,5 ha de parc connecté au quartier, 1 200 logements sur 100 000 m² (maisons individuelles, immeubles collectifs, programmes d’habitat participatif ou intergénérationnel), le lycée hôtelier international avec son restaurant, deux magasins (boulangerie et fleuristerie) et un hôtel susceptible d’accueillir plus de 1 100 élèves, des halles gourmandes (cf. ci-dessus), 35 000 m² d’équipements dont une école et une piscine, enfin, 25 000 m² destinés aux activités, commerces et animations.

 

Parmi ces derniers 25 000 m², figurent ce que SORELI appelle des « espaces capables ». Ils se subdivisent en quatre catégories : un espace « manger » avec, notamment, une cuisine commune et 15 restaurants bon marché pour favoriser la mixité sociale ; un espace « sport » dans la halle de 33 m de hauteur avec création d’un mur d’escalade ; un espace « culture » avec un cinéma d’art et d’essai et des ateliers d’artistes ; un espace « activités productives collectives » avec mise à disposition d’un parc de machines, soit une « usine de création coopérative ».

On notera aussi que, en attendant l’aménagement de la première halle gourmande, une préfiguration s’est ouverte à la fin de 2017. Dénommée Avant-Goût, elle comporte par exemple une cuisine commune, un poulailler de 120 m², un espace dédié aux associations liées au « manger » ou, encore, une serre installée dans un conteneur.

 

Pour terminer ce court aperçu du projet, mention doit être faite des concertations conduites auprès des habitants depuis 2015. Outre les visites organisées pour les écoles, les réunions et les ateliers montés, SORELI est allé dans la rue interroger les riverains sur ce qu’ils attendent d’un tel projet, en particulier sur les espaces publics. Les personnes ainsi interrogées ont été ensuite conviés à visiter le site lors d’un des trois samedis matins proposés. Il en est résulté 25 grandes idées sur, notamment, les jardins d’enfants, le parc potager public, l’Avant-Goût ou l’utilisation des murs pour raconter l’histoire du site.

Conseil d’administration à Lille

Le Conseil s’est tenu dans une salle privatisée d’un restaurant de Lille. Richard Lemeiter (Direction de l’urbanisme de Lille et notre accompagnateur de la visite de l’après-midi) était l’invité de l’ACAD.

 

Le projet Rives de la Haute-Deûle

Ce projet, beaucoup plus avancé que celui de Fives Cail, est présenté par Richard Lemeiter, chef de projet à la direction urbanisme de la ville de Lille.

Il s’agit d’un projet urbain de 25 ha qui englobe Euratechnologies, le pôle d’excellence économique dédié aux technologies de l’information et de la communication de la métropole lilloise. Situé à cheval sur Lille et la commune associée de Lomme, il est conçu autour des anciennes filatures Leblan-Lafont qui font partie de ce qu’on appelle les « châteaux de l’industrie », des patrimoines dont la conservation est indispensable.

Pour mener à bien le projet, une première ZAC a été créée en 2004 pour une durée de 14 ans avec, une fois encore, SORELI comme aménageur. Située dans une zone marécageuse entre deux branches de la Deûle, elle a mis en œuvre un système de wateringues (fossés) qui a permis de drainer l’eau à ciel ouvert. EuraTechnologies, inauguré en 2009, a trouvé immédiatement ses locataires, startups mais également grandes entreprises du secteur telles que Capgemini ou IBM.

Un vaste programme de construction de logements a été enclenché en 2010, en particulier des constructions à ossature bois et l’installation de commerces de bouche en pied d’immeuble. Labellisé écoquartier, le site, dont les bâtiments possèdent des toits végétalisés destinés à absorber les eaux pluviales, dispose aussi de parkings silos puisque l’eau affleure à seulement 2,50 m de profondeur et interdit la réalisation de parkings en sous-sol. Enfin, pour faciliter les liaisons avec le centre-ville, un pont a été construit au-dessus de la Deûle, ce qui autorise la circulation d’un bus. En outre, la station de métro la plus proche n’est plus distante que de 500 m, ce qui ne met les gares de Lille qu’à un quart d’heure.

A terme, l’ambition est d’accueillir 10 000 emplois, en grande partie en y implantant les startups issues de l’incubateur d’EuraTechnologies.