Vieillissement de la population: un défi et des opportunités
Le processus de vieillissement de la population va entraîner une modification
profonde et rapide de notre société, en transformant sa structure d’âge. En
France, selon les projections démographiques de l’INSEE, un habitant sur cinq est âgé de 60 ans ou plus en 2005 ; cette proportion passera à un sur trois en 2050.
La prise en considération de ce processus est pour l’action publique à la fois une
nécessité et un défi majeur.
Le vieillissement évoque spontanément des représentations sociales négatives, voire angoissantes. Au niveau individuel, il désigne un processus inéluctable qui s’accompagne de pertes irréversibles. Au niveau collectif, il est associé à une série de problèmes économiques et sociaux qui semblent souvent difficiles à surmonter : une société vieillissante serait sur le déclin, en perte de croissance. Le financement de l’ensemble du système de protection (retraites, santé, risque de dépendance) serait rendu incertain, jusqu’à menacer l’existence même d’un dispositif mis en place à un moment où les plus âgés étaient rares et les jeunes générations nombreuses.
Mais il faut aller au-delà de cette vision simplificatrice : le vieillissement est un
processus protéiforme aux conséquences multiples et contrastées. Si on le
considère comme une contrainte, le risque est élevé que les réformes envisagées pour y répondre produisent des ajustements relativement marginaux, peu durables et éventuellement contestés.
Ce scénario « au fil de l’eau » conduirait selon certains experts à une situation où le vieillissement se traduirait effectivement par un ensemble de phénomènes négatifs à court terme pour le vivre ensemble : déclin économique, hausse du chômage, accroissement des inégalités et des clivages entre les « gagnants » et les « perdants » des réformes, montée des tensions sociales, voire de conflits importants entre générations ou entre groupes sociaux, etc.
Or, à y regarder de plus près, le vieillissement est d’abord et avant tout synonyme de longévité accrue pour tous, et plus encore, de longévité accrue en bonne santé. En ce sens, il conviendrait de l’envisager davantage comme un défi à relever qui pourrait s’accompagner de nombreuses opportunités pour l’économie et la société française. La question centrale devient donc la suivante : comment organiser une société dans laquelle les individus vivront et seront actifs plus longtemps ?
Voir le rapport du CAS


